Partager créations, expériences et réflexions.
J'avais prévu d'écrire en un seul article au sujet de cette maison et les paragraphes se succédant dans mon esprit depuis quelques jours, j'ai réalisé que ce serait trop long, et pour moi et pour vous. Aussi, j'ai décidé de les découper selon mes possibilités d'écriture (il n'y a que 24h dans une journée).
Nouvelle série à suivre dans le dévidoir donc.
Non que ce soit tellement important en soi, il me parait évident que ce sujet n'a rien d'anodin. Il parle de mon cheminement, tant sur le plan physique que sur le plan psychologique. Il éclaire sur ce parcours intérieur qui permet d'ouvrir les yeux dans la cécité qui fut/ est la mienne.
Avec Elodie, s'était dessinée la prise de conscience des interactions du corps et du psychisme dans un enchevêtrement indéfini digne du nœud gordien. Les objets, les lieux n'ont aucune importance hormis celle que nous leur accordons et le discours que nous en faisons. L'ensorcèlement de cette maison a évolué au gré des aléas de l'existence et surtout, il m'a permis de réaliser ce que je faisais de ma vie. La maladie prend pareillement du sens dans cette trajectoire de la connaissance de soi.
Cette introspection n'a aucune valeur universelle, elle est simplement une expérience personnelle, un regard sur le monde des plus subjectifs. J'ai pu constater néanmoins que le vécu des uns a des répercussions sur les représentations d'autres ; mettre des mots sur des choix inconscients, aussi futiles soient- ils, dans le cadre d'une expérience toute personnelle peut provoquer un déclic chez d'autres. Cet ensorcèlement a ainsi toute sa place dans le récit de ce parcours quasi initiatique qui est le mien.
La maison aux multiples possibilités.
Ce fut par ces mots qu'elle me fut présentée.
Aisément installés dans notre petit logement agréable, le fiston et moi étions bienheureux ; l'idée de partir n'était pas évidente. En quête de solutions, je cherchais toute information en vue de prendre une décision valable. Ainsi, j'avais posé des questions sur l'école du village de cette maison et rien de particulier ne me fut dit, une école comme les autres. L'envie d'être en famille, le jardin... pourquoi ne pas tenter l'aventure ? Quoiqu'incertaine et avec un trouble au cœur, nous finîmes par emménager.
Les affaires qui avaient saturé nos petits appartements précédents paraissaient menues dans ce volume, j'étais quelque perdue, peu coutumière de la maison individuelle, des grandes pièces, des escaliers. Cependant, dans mon incessante curiosité, j'étais ravie d'entrevoir les possibilités d'aménagements et de décoration qui s'offraient à nous. Chacune des pièces activait mes neurones et mon imagination, je calculais pareillement la quantité de travail nécessaire pour parvenir à faire de ce lieu une bulle de joie de vivre et de chaleur. Bien qu'un étrange sentiment incertain m'étreignait, je voulais me persuader que tout était possible, qu'ici, nous trouverions une harmonie, un tremplin à la grande aventure de notre périple familial, qu'ici se fonderait notre histoire commune.
Peu à peu, fatalement parce que tout était en place avant, les vents se levèrent insidieusement, inconsciemment et je sentis le malaise grandir sans pour autant accepter d'ouvrir les yeux. Aveuglément, envers et contre toute intelligence, je me raccrochais à mes espérances.
La négation de soi était entamée depuis longtemps; elle allait prendre entre ces murs un visage particulièrement cruel et insoupçonné.