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Parenthèse pour mon fiston.

Mon grand nigaud a presque 16 ans et bien souvent, l'envie de lui arracher la tête traverse mes pensées. Depuis notre rencontre, nous nous affrontons, nous disputons et nombreux sont les surpris ou les déstabilisés par nos relations tumultueuses. J'ai tout entendu, en jugements et sentences fatalistes sur nous, nos attitudes, nos relations, mes choix éducatifs. Nous avons traversé ensemble des épreuves pénibles, nous sommes passés par des phases en pagaille je me permets néanmoins de penser que nos relations sont authentiques et vivantes. J'aurais des milliers de textes à écrire à ce propos et certains viendront probablement mais aujourd'hui, j'ai envie de dire combien il m'arrive d'être fière de lui.

Mon bébé est désormais plus grand que moi, plus lourd et bien plus costaud; trois fois par semaine, il fait de la musculation au lycée et s'amuse à me porter régulièrement pour tester sa force. Je me sens tellement légère et ne peux m'empêcher de penser qu'il a trouvé là une réponse à des angoisses, des peurs d'autrefois quand, petit, il m'a vue à terre et face à notre incapacité à me remettre en fauteuil ou sur le lit. En véritable geek, il vit une grande partie de sa vie sur la toile dans ses jeux, ses programmes et ses échanges avec quelques copains ou autres geeks et ne fiche rien à la maison... sauf quand il s'agit de porter, déplacer du lourd, de faire quelques réparations informatiques ou électroniques.

Vendredi matin, je suis partie pour une réunion de travail; à la sortie, dix à quinze centimètres de neige recouvraient tout. Aïe Aïe! J'ai des pneus neige... évidemment dans le garage et donc pas du tout sur la voiture. Je mis quarante cinq minutes pour parcourir les quelques kilomètres ramenant à la maison et glissai à plusieurs reprises malgré ma grande prudence. Une glissade en particulier me remua car, dans un village, ma vieille voiture glissa vers l'unique véhicule garé dans toute la rue; en voulant l'éviter, je fonçai vers une camionnette en face. Heureusement, j'échappai à l'accident et pris la décision de changer les roues rapidement. J'y songeai depuis belle lurette mais je ne trouvais pas le temps de demander l'aide à qui que ce soit, c'est malin, je sais. « Et puis, zut! J'ai bien la théorie, autant la mettre en pratique. » L'après- midi, je vérifiai encore sur une vidéo comment procéder et quand mon garçon rentra, je lui demandai s'il était d'accord de m'aider; il accepta immédiatement et nous descendîmes au garage. La clef fut trouvée assez rapidement, je ne l'avais jamais remarquée sur le côté du coffre, par contre, rien à faire avec le cric. Je filai chez un voisin et nous nous retrouvâmes tous les trois autour de la voiture. Alors que j'étais si décidée, je ne fis rien, absolument rien, mon garçon prit tout en main. Grâce aux conseils de notre voisin, il s'occupa de placer le cric, lever la voiture, desserrer et serrer les écrous, chercher les roues à pneus neige, les mettre en place, ranger les autres. L'affaire fut réglée en une heure. Bien qu'un peu frustrée de ne pas avoir fait l'expérience moi- même, je lui fus très reconnaissante car ce soir- là, j’avais un immense coup de fatigue, une vessie capricieuse. C'était en ordre.

En le regardant s'activer de si bon cœur ouvert aux paroles du voisin, des images d'autrefois me revenaient avec notamment tout ce que nous avions vécu avant la maladie, quand il était petit, que j'étais seule, me battais pour nous offrir une vie digne ce dont il ne garde que très peu de souvenirs. J'ai eu des moments de détresse, de culpabilité, des remises en questions constantes surtout quand j'entendais les remarques et les critiques fusant de partout, j'ai lutté avec l'énergie du désespoir si longuement et là, mon fiston prenait soin de moi, naturellement, généreusement, sans attente de retour.

Finalement, j'en arrive à me dire timidement que j'ai été dans le juste, que ce que je lui ai offert lui a donné des bases saines et claires pour faire de lui un homme digne; dans un monde où les jugements sont rois, l'authenticité réprimée, je ne me suis peut- être pas si mal débrouillée. Certes, parfois, régulièrement, les circonstances, les éclats de voix, les attitudes m'ébranlent, sèment le doute et soulèvent les questions, alors j'entends la voix de mon amie Yolande qui en entendant mes inquiétudes aime me rappeler qu'elle- même ne se fait pas de souci pour lui car: « Tu lui as appris l'essentiel, tu lui as appris à être vivant.».

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H
<br /> Hello chère Fée, tes belles observations réalistes me contentent d'avoir écrit le texte "Ces mères veilleuses", certains oublient si souvent d'où ils viennent et comment ils ont  construits<br /> leur esprit...<br />
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F
<br /> <br /> Merci d'être passé!!!<br /> <br /> <br /> Belles fêtes à vous! <br /> <br /> <br /> <br />