Partager créations, expériences et réflexions.
La colère est une pensée, un remous du mental qui cache en fait des émotions ou sentiments mal définis. Par de là la colère, c’est une part de nous, de notre histoire qui se rejoue, s’agite désespérément afin de se faire connaître, reconnaître ; elle a simplement besoin d’être entendue. Nous sommes souvent démunis face à cet état parce que nos éducations et cultures ne nous donnent pas les moyens de s’y pencher préférant culpabiliser ou accuser autrui de la responsabilité de notre état. C’est un labeur que de sortir de nos conditionnements initiaux, de marcher vers la clarté, la prise de conscience de notre responsabilité, l’émancipation affective. J’ai eu besoin de temps pour comprendre pourquoi j’avais tant d’agitation en moi au contact de SeN, de cette maison, de ce jardin, de sa famille, je commence à comprendre et j’en parle aujourd’hui avec l’espoir que mon expérience ouvrira des portes à d’autres confrontés eux- aussi à ces états désagréables qui minent l’âme, le corps, l’esprit, le quotidien, la relation à autrui, parfois des vies.
A une pensée concernant le vécu en leur compagnie, en ces lieux, à nos relations, je sentais une confusion gonfler subitement en moi, un truc diffus, mouvementé et détestable. Envahie intérieurement, je me retrouvais hors contrôle, à fleur de peau puis, prise par ce flou intérieur où tout et son contraire se bousculaient, j’explosais au moindre prétexte venu de l’extérieur. Consciente du potentiel empoissonnant de ce truc, je ne me sentais toutefois pas capable d’y voir clair seule, encore moins d’arriver à le gérer d’autant que la maladie et les handicaps demandent à eux- seuls beaucoup d’attention et de soins. J’avais besoin d’aide et je l’ai cherchée, mue par un instinct de survie ne supportant plus les blocages, les peurs, les angoisses, les reproches, les jugements, la culpabilité, les accusations, les fuites, l’enfermement, la destruction insidieuse, la mortification.
Ainsi, j’ai plongé tête baissée dans la psychanalyse, j’ai entamé l’écriture du blog, j’ai commencé le Qi gong, j’ai mis en pratique laborieusement et maladroitement les enseignements de la communication non- violente/ bienveillante grâce à Nadine et Yolande, j’ai plongé en moi- même, j’ai ouvert les yeux intérieurs, j’ai fait un immense ménage et les bouleversements internes ont bouleversé tranquillement mon extérieur. Ensuite, j’ai pris le large, je me suis enfuie pour me protéger, protéger mon fils, protéger ce qu’il y a de vivant en moi. Chaque jour est devenu un cadeau du ciel, chaque mouvement, activité une victoire. Dans les événements quotidiens, je puise de nouvelles ressources, de nouveaux apprentissages et bien que certaines circonstances soient d’apparence malheureuses, j’en profite pour les aborder autrement en métamorphosant doucement mes pensées et mes fonctionnements. Peu à peu, naturellement, j’ai commencé à voir clair au sujet de mon énorme colère à l’égard de SeN, de cette maison, de ses proches, de ce gâchis de vie. C’est sur ce chemin que je m’engage à partir d’aujourd’hui, m’y suivra qui veut.
Résonnance d’ici, résonnance au printemps, résonnance à la renaissance.