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La peinture nécessite des temps de séchage entre couches pour garder certaines distinctions de trait et couleur. Certains utilisent le sèche- cheveux pour en accélérer le processus, je préfère faire une pause, porter mon attention ailleurs, revenir avec ce recul et réaliser la pertinence ou le déséquilibre de tel ou tel détail. Dans ma frénésie en instinct de vie, les séchages de la boite à chocolat me permirent de peindre d’autres supports.
Parmi eux, il y avait ces fruits en bois brut achetés près de 10 ans auparavant et pour lesquels je n’avais pas pris de temps. Ils s’étaient retrouvés refoulés au fin fond d’un profond tiroir sans toutefois être oubliés. A mon retour à la maison, je ressentis le besoin urgent de les peindre. Je remuai le bazar accumulé par-dessus reconnaissant du bout des doigts les différents objets et les ressortis avide et impatiente. Le 29 mars 2007, je les peignis tous dans la journée. Mon fiston n’en croyait pas ses yeux, ils ressemblaient tant à des fruits véritables qu’il avait envie de croquer dans la pomme en particulier.
Des fruits aux couleurs chatoyantes, des fruits mûrs… Tout comme le paysage africain désertique transformé en jardin foisonnant et vivant sous mes pinceaux, les fruits de bois ternes s’étaient métamorphosés, gorgés de couleurs, de lumière, de vie. La médecine me permettait de survivre aux affres des derniers mois, l’espoir me chevillait le corps et l’âme. Après la traversée des ténèbres, j’étais vivante, certes dans un fauteuil, la vue très réduite au point de ne pouvoir distinguer les visages et pourtant, je peignais et je peignais la vie. Une vie opulente, riche, généreuse, lumineuse.
( la photo est floue, j'en mettrai une autre dès que l'occasion se présentera)