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L’ensorcelement de la maison. 3.

1 et 2 en amont. 


Pied de nez absurde de l'existence, après quelques mois dans notre charmant logement, SeN nous annonça que la maison que louaient ses parents se vidait; les locataires partaient en juin et il  pensa  y  emménager à leur place. L'espace étant suffisant, il me proposa de le rejoindre. Je restai interdite, son dernier refus m'avait profondément atteinte et je ne me sentais pas l'envie de  recommencer un autre déménagement moins de 5 mois après le précédent. Et nous étions si bien. Il ne me pressa aucunement, me proposa de venir dans un premier temps visiter, je me sentais perdue, tiraillée, mes nuits se firent agitées.

Je parlai avec fiston qui fut emballé à l'idée de vivre « comme les autres » : une maison, un petit jardin, un « papa » et une maman... peut être une fratrie à venir, il avait bon espoir. De mon côté, l'idée d'avoir un petit bout de terre me tentait, je rêvais de légumes, de fleurs, d'herbes aromatiques... bah, pourquoi ne pas aller voir ?

Je me souviens de notre arrivée sur le pas de la porte, fiston et moi étions tout excités. Une maison, un jardin ? Cela nous paraissait si inaccessible !  Je sonnai et SeN entrouvrit la porte lentement, nous trépignions. Je frémis sur le seuil.

Frémissement de mauvais augure : la maison qui s'offrit à moi me glaça le sang.


 Je vis un couloir sombre et lugubre, un séjour mauve et jaune du plus mauvais goût, une autre pièce au bleu délavé, une cuisine ringarde et laide des années 60/70 en formica avec des mélanges douteux de gris, noir, brun, des sols dépareillés, une salle de bains tout aussi criarde, un étage mal disposé. Aucun placard, des vieilles fenêtres, la route de chaque côté, pas de place pour garer la voiture, une vieille cave plus que désolée... La maison ne me plut guère, il y régnait une tristesse et une lourdeur des plus désagréables.  Je vis également l'immensité des travaux à venir : papiers, peintures, sanitaires, sols, fenêtres, toit, sous- sol... Je me retrouvai face à un choix dantesque. Je pensais à SeN , à mon garçon, aux biens matériels... je m'écartelai seule.

«  Je n'ai pas envie de vivre là dedans ! Si je n'y vais pas, SeN ne voudra pas aller ailleurs et je ne pourrai pas être avec lui. Fiston devra encore changer d'école alors soit nous venons cet été soit nous attendrons une année... SeN se meublera et que ferons- nous de nos appareils en double ? Et c'est plus grand, et il y a le jardin.. oui mais c'est aussi la maison des parents de SeN, comment peuvent évoluer les événements en cas de difficulté ? Ils sont adorables, cependant, ils resteront toujours ses parents et nul ne sait ce qu'il vaut tant qu'il n'est pas confronté réellement aux difficultés... ». Je passai des heures et des heures à y réfléchir. SeN ne voulait pas décider pour nous aussi me laissa t-il à mes questions sans rien imposer.

Finalement, poussée par la matérialité de la vie au quotidien et ma naïveté sur l'amour qui nous unissait, je pris le pari de tenter l'aventure, m'imaginant facile de repartir si l'expérience se révélait désastreuse. J'imposai toutefois de changer cette cuisine horrible. SeN accepta du bout des lèvres, ses parents, propriétaires ne comprirent pas cette exigence, je ne lâchai pas prise.

Il y eut quelques travaux de rénovation type papiers et peinture auxquels je consacrai des heures et des jours ,travaux sales et pénibles, souvent seule : gratter le papier peint vieux de trente ans que je mouillai avec un pistolet à eau géant emprunté au fiston parce que certains plafonds sont à quatre mètres, poncer les deux couches de papiers de la cuisine + le plâtre, nettoyer l'escalier de l'entrée de ses mousses au vinaigre, farfouiller dans la cave, le grenier afin d'y trier et ranger quelques vieilleries, poncer les planchers à vitrifier, briquer de ci de là... Quelle conne j'ai été quand j'y pense ! Je passai également des heures avec le peintre embauché pour les finitions et nous devisâmes longuement sur l' état des murs, de la maison. A sa façon, il confortait certaines de mes intuitions sans que cela ne me mit du plomd dans la tête. 

Finalement, nous emménageâmes dans une désorganisation qui ne me sied guère et je me raccrochai à toutes les possibilités à venir.

 Fol espoir éphémère.   

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C
Oui, bien vu, c'est une de mes chansons préférées d'Aznavour ;-)
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F
<br /> <br /> Ce que je lis ou entend ne tombe pas dans les oreilles d'une sourde..<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
C
J'habite pour l'instant un studio avec mon mari, moins de 30m², mais on y est bien. C'est surtout l'environnement que j'aimerais changer : habiter à la campagne, et non en ville. Heureusement on est quand même dans un quartier tranquille, mais ça ne vaut pas la nature...Enfin tout ça pour dire que oui, c'est important de se sentir bien là où on habite, d'en faire son petit nid, qui permet de reprendre des forces pour repartir voler à l'extérieur...
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F
<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Découvrez Charles Aznavour!<br /> <br /> <br /> <br />
P
Tu ne t'es pas sentie à l'aise dès le départ et je crois qu'en matière de logement la première impression est vraiment la bonne...J'attends la suite de tes péripéties domestiques même si elles n'ont pas l'air très joyeusesBonne soirée
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F
<br /> <br /> Oupf, tu voilà engagée dans un récit mouvementé et long  <br /> J'ai moi- même besoin d'une grande réflexion pour lui donner un sens;<br /> ma tête bouillonne.<br /> Volcanique fée! <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
M
j'avais loupé les deux premiers épisodes, heureusement que tu as mis les liensj'ai beaucoup déménagé aussi ... je ne sais si c'est cela qui me rend attentive à l'environnement intérieurla maison ... en psychanalyse, c'est très important, les rêves impliquant notre foyer, ou plus réalistement, comment nous nous sentons dans notre intérieurje suis dans une maison dont je suis propriétaire en partie (je n'aurais pu l'acheter seule) et que j'ai acquise dans des circonstances un peu urgentes à l'époque ; c'est le plus grand logement que j'aie jamais eu, 88 m2, grand garage de 30 m2, terrain de 400 m2 ... et je ne me suis jamais sentie autant à l'étroit et comme prisonnière ; je sais depuis longtemps maintenant que cette maison me parle de moi, de mauvais choix anciens, d'un temps où j'ai commencé à me perdre de vue, mais les conditions matérielles m'empêchent d'en partir ... reste alors à la transformer, à la regarder différemment, comme tu as tenté de le faireaucun de tes articles n'est jamais banal, c'est fou !!  ;-)
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F
<br /> <br /> Que pourrais- je ajouter?<br /> Peut être qu'il est très difficile d'avoir l'intelligence de voir par delà les apparences et l'habituel consensuel moralement convenable, de se remettre en question en se décalant de quelques<br /> millimètres... Dévastateur... et j'espère salvateur.<br /> ( écrit en écoutant Pluto de Björk, là, dans le lecteur à côté.)<br /> S'approprier sa vie malgré nos errances et erreurs, cela me parait être une excellente idée!<br /> Transforme et approprie toi cette maison, soit toi et non cet autre que tu aperçois sans trop savoir pourquoi ou/et comment.<br /> La vie est trop précieuse pour être gâchée en se soumettant à des chimères dévorantes de l'intérieur.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
P
Vivre seul est très difficile... et je parle en connaissance de cause, mais vivre à deux, c'est... encore plus difficile !Car c'est vivre avec la parenté de l'autre, le passé de l'autre, les non-dit de l'autre, l'échelle de valeur de l'autre...Ce qui me surprend dans ton récit c'est que c'est toi qui te coltine les travaux... mon épouse se limitait à déplorer la poussière que je faisais...C'est ce qui me fait douter de ma capacité à pouvoir revivre avec quelqu'un...Vu mon caractère de cochon... (cf ma description dans mon dernier post) MDR.Et l'autre qui chante quoi déjà ? Ha oui... la vie ne vaut rien, mais... rien ne vaut la vie...Pffff je sais plus trop ce qui "vaut" aujourd'hui...Courage.Fuyons...
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F
<br /> <br /> Courage, fuyons! Oui! c'est une phrase très riche qui me fait toujours bien rire !<br /> Quant aux travaux, je n'ai pas tout fait... principalement les plus sales. Stéph a posé du papier et fait d'autres bricolages; avec son père, ils ont refait deux trois bricoles et les parents ont<br /> employé un peintre du village pour peindre les plafonds, quelques autres boiseries et poser des papiers.<br /> Du temps de ma pleine santé, j"étais capable de travailler dur, même prête à casser et monter des murs, à vider la cave de sa terre pourrie et j'en passe.<br /> Il y a une grande différence entre ceux qui travaillent pour payer des employés et ceux qui mettent la main à la pâte parce qu'ils n'ont que leur force de travail. Sans vouloir faire dans le<br /> marxisme et la lutte des classes, ce genre d'attitude est très révélatrice de mentalités aux répercussions lourdes de conséquences dans les relations...<br /> Long long parcours que le mien dans la compréhension de mes aveuglements et de celui des autres. <br /> <br /> <br /> <br />