Partager créations, expériences et réflexions.
Ces dernières semaines, la cuisine m'active moins les neurones, je pourrais me contenter de ne manger que du riz et des légumes, des soupes, des bouillons, tous les jours ; les compagnons mangeurs ne sont pas très encourageants. Ils en deviennent presque rasoirs à ne vouloir que des cochonnailles et des pâtes, des plats vite faits, vite mangés. Les assiettes s'individualisent et je tourne la tête de dépit dans un profond découragement quand je mal supporte les querelles habituelles à table. Finalement, je fais sans y mettre de ma personne.
Le premier signe de ce découragement est apparu subversivement ce midi où j'avais un ragout d'agneau sous la main. Pensant à Mariev, j'avais envie de tenter un tajine avec des figues et des saveurs orientales. Enthousiaste, j'en dévoilai l'intention à un compagnon mangeur... qui fit la grimace, il n'aime pas le sucré salé. Ma petite bulle éclata sous le piquant et je me rabattis sur le curcuma dont la découverte me vient d'une adorable dame marocaine rencontrée par mon travail, en d'autre temps. Oignons, ail, carottes, agneau, curcuma se mêlent dans la cocotte et alors que j'aime le manger de la sorte, il garda un arrière goût d'amertume.
Dans le registre découverte, j'ai bidouillé une grosse casserole à l'improviste un midi où la cuisine ne m'inspirait guère de la recherche et des expériences ; je mis ainsi de l'eau à bouillir et sans plus y réfléchir, j'y jetai une portion de graines de millet, une autre de quinoa. Un peu de sel et quand ce fut cuit, j'y ajoutai des miettes de menthe sèche ; mangé avec de la salade en mélange, tomate-verdure et carottes, je me suis régalée. Au soir, j'en fis des galettes grillées à la poêle. J'ai mangé mon petit plat pendant que les gaillards accumulaient les pizze surgelées, les pâtes... J'ai oublié.
Il y eut ces crevettes thaï réclamées par mon garçon ; nous en avons mangé deux jours de suite sans que cela posât un quelconque problème. Quand l'assiette est pleine et suffisante, que demander de plus si par ailleurs c'est bon ?
Soufflés au fromage avec de restes de fromages à raclette. Mon garçon a mis la main à la pâte, ce n'est pas très compliqué et il les aime ; accompagnés d'épinards en branche, ils ont fait notre affaire.
Expérience tarte extra naturelle hier : pâte maison levée avec farines de blé, de sarrasin et d'épeautre, du beurre, du lait de soja et du sucre complet. Des pommes un peu flétries, un nuage de cannelle. J'en suis assez satisfaite.
Je pensais faire un de mes gâteaux au chocolat au véritable goût de chocolat et finalement, ce sont des mousses et autres préparations pâtissières qui couvrirent la table. Bonus de 50 kilomètres en voiture et des emballages. Ce n'est pas souvent, je ne peux malgré tout m'empêcher de penser que pour certains, un gâteau fait maison n'est pas assez « beau » pour être présenté à des invités pour une occasion spéciale, ça m'échappe.
Coup de blues alimentaire.
Comme je ne peux pas me déplacer à ma guise, que je ne peux pas systématiquement faire les courses, je fais avec ce qui entre. J'avais envie d'une paella express à ma façon, j'avais envie d'endives au gratin, de chou farci, de chou rouge aux marrons, ... Les idées me viennent en circulant entre les étalages... Et là, mes envies et curiosité restent enfermées.
Bah, il reste le potiron du jardin à déguster en soupe, les sachets à terminer dans les placards ...
Oh ! Mais j'y pense, il y eut ce repas délicieux en solo sardines à l'huile, salade verte et pommes de terre vapeur, ces grappes de raisin picorées tout au long de la journée, le poisson à la choucroute, ce jambon sec bio, mes soupes de légumes maison, les bonnes courgettes et haricots beurre de SeN
Ce soir nous mangeons une quiche en famille, la semaine prochaine, il y a des visites :
- Chantra, une ancienne élève, devenue une amie adorable.
Nous avons pensé faire de la cuisine de son pays (Thaïlande) et rien qu'à l'idée de partager ces instants, je sens revenir l'agitation de mes papilles...
- il y a l'entrevue prévue le 1er novembre chez Marina
C' est aussi une ancienne élève, russe . Nous allons fêter la venue d'une amie de Saint Petersburg ensemble, peut être avec Soo, une coréenne elle aussi passée par mes cours (elle m'a offert les premiers sushis de ma vie !).
Argf, finalement, mes expériences et recherches ne s'amenuisent pas, je suis simplement sous le coup de mon isolement géographique et de mon incapacité à me déplacer, sous le coup d'une grande solitude
Les enjeux de la nourriture... Reflet de la relation à soi et à l'autre. Evidemment.
Et qu'est- ce que mon travail me manque... plus de deux ans...