Partager créations, expériences et réflexions.
Je vous dévoile des images prises hier dans mon antre.
Dans chaque recoin, se cache une œuvre achevée ou en cours d'élaboration, un modèle, une réflexion, des virements et revirements de projets et d'idées.
Dans cette pièce, j'écris mes textes, je lis, je réfléchis, j'écoute je cherche des débuts et des fins, des chemins, des voies droites et de traverses, je regarde des films, je mange, je bois, j'entrepose mes matériaux, mes musiques, je repasse, je modèle, je peins, je crochète, je brode, je couds, je tricote, je dessine, je rénove, je raccommode, je répare, je dors parfois aussi.
Dans cette pièce, il n'y a pas de place pour les obsessions et pas assez d'espace pour y ranger mes précieux livres étalés dans toute la maison ou rangés sagement sur mes étagères débordantes à la salle à manger où je transite pour y chercher ce que je n'ai pu mettre dans l'atelier.
Dans cette pièce, il n'y a pas la cuisine qui reste encore un lieu où je ne suis pas trop insupportable puisque les résultats de mes expériences profitent à tous.
Dans cette pièce viennent mon garçon et ses petits amis pour y danser, s'y amuser, y jouer à toute sorte de jeux, y discuter et échanger avec moi. Nous y faisons parfois les devoirs, nous y chahutons souvent en ironisant sur le bazar qui y règne. C'est la seule où nous pouvons grignoter sans risquer de se faire réprimander. Ici, dorment quelques rares hôtes de passage et les petits y font leur sieste.
C'est dans cette pièce que j'ai écris mes dernières volontés en juin 2006, que j'ai dormi et été soignée, lavée, habillée, nourrie tous les mois où il m'était impossible de monter les escaliers, c'est là aussi que j'ai chuté au bas du lit, que j'ai gardé le fauteuil roulant tout à côté. J'y ai surtout écouté la musique, les émissions de radio aux sujets improbables et réfléchi au sens de ma pénible aventure. C'est ici que mon fils a crié sa révolte ce nouvel an.
Dans cette pièce, j'ai reconstruis mon univers en virant le matériel médical pour y remettre tout mon bazar encore plus vaste qu'auparavant rapatriant tout ce qui avait été relégué dans les grenier, cave et coins à rebus. J'y ai mis de l'ordre, je l'ai rangée, je m'y suis retrouvée.
Désormais, j'y crée et y réinvente mon monde. Tout simplement.
Je me retrouve et me sens chez moi. J'y vis, j'y suis, j'y existe.
Mais cette pièce n'est pas une entité entière car j'en suis l'âme et le cœur. Quand je partirai d'ici, j'emmènerai tout mon bazar. Je le poserai en un autre lieu qui deviendra à son tour mon antre bordélique.
Nomade emportant avec elle uniquement ce qui lui semble essentiel.

Il faut savoir vivre dangereusement, n’est- ce pas ?