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Dès juin, la fatigue se disait alentour, entre collègues en particulier. Je la savais présente, la canicule n’a rien arrangé et aux premiers jours de vacances, je me vis clouée sur place. Je prêtais attention à mes gestes et mouvements, à dormir de jour comme de nuit, à manger correctement, rien ne changeait. Je regardais un documentaire sur Arte+7 quand je me mis à pleurer, submergée aux premières notes d’une musique de fond alors que rien ne justifiait une quelconque émotion. “ Non, mais alors là, vraiment, ça ne va pas du tout!” Soucieuse de ne pas m’identifier à ces troubles ( genre: je suis déprimée, dépressive, je vais mal dans ma tête ou autre blabla), je me précipitai dans la chambre du fiston en quête de la boite de gélules au safran multi-vitamines et oligo- éléments que je lui avais achetée pour passer le cap Bac. Deux gélules plus tard, je me sentais mieux. En papotant de ci de là, j’ avais appris que les personnes atteintes de maladies auto- immunes grillent plus vite leurs vitamines et minéraux, je décidai logiquement d’ une cure jusqu'à l’amélioration de mon état. C’était sans compter sur les amies: l’une me donna deux bouteilles de sirop de fer et une autre, une plaquette de gélules de magnésium avec pour consigne de continuer les prises jusqu’à l’amélioration. J’avoue négliger le magnésium pour l’instant, je traîne avec des abricots secs et des amandes, par contre, pour le fer, il égraine mon quotidien. Un coup de mou? Hop, une cuillère! Des larmes insensées? Hop, une cuillère! L’effet est notoire, je gère ainsi le quotidien. Avec le magnésium, j’arriverais peut- être à démonter- monter- déplacer les meubles, à danser, à ranger la centaine de tissus qui s'entassent dans ma chambre, que sais- je? J’aviserai au gré des circonstances parce que j’ai à être vigilante tant vis- à- vis de mon état de santé que de la situation matérielle, fiston entamant des études supérieures en septembre. Comme d’habitude, je naviguerai à vue. D’ici là, je suis au fer.