Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 11:21

Grâce aux nouvelles technologies, le lien avec les amis éloignés se nourrit quotidiennement, certains, à des milliers de kilomètres, étant plus présents que tel membre de l'entourage vivant à quelques mètres. Cela n'empêche pas que lorsque l'un d'eux est dans mes parages, je m'arrange pour le voir au maximum d'autant que souvent, je n'ai pas les moyens de me rendre chez eux. Se vivent dès lors des situations étranges.

Un passé à connaissances et événements communs fonde l'histoire mutuelle, le cours du quotidien au fil des ans s'y est ajouté par touche. Petits et grands événements se sont succédé, se sont partagés par téléphone, courriels, photos ou réseau social, plus rarement par lettre et colis, notre passé persiste et évolue néanmoins puisque nous le réinventons au fur et à mesure de nos vécus. L'amitié s'inscrit dans la durée, en décennies, faux semblant d'immuabilité puisque nous changeons chacun selon les circonstances de nos histoires individuelles. Le lien s'élabore donc de ce mélange de circonstances passées et présentes principalement par le récit que nous en faisons; l'humain est de paroles.

Que se dire quand nous nous retrouvons sur un temps limité, quand il s'agit de trouver l'espace et les contours d'une relation interpersonnelle inscrite en cet instant dans l'inter corporalité? Les démarrages ne sont pas si simples. Il existe de multiples stratégies passant par la météo, la santé, les petites tracasseries du quotidien, les questions sur la famille, les animaux, la maison, le travail, une lecture ou un film commun, l'installation sur le lieu, la boisson ou l'aliment à partager; tout y passe selon le contexte.

Avec une amie de plus de vingt- cinq ans, j'avais recours aux camarades communs d'autrefois, de lycée ou d'université, leurs parents, les échos perçus sur leurs vies actuelles et quelques conclusions sur nos chemins devenus réellement antinomiques. Cela nous ennuyait vite car nos vies n'ont plus rien à voir avec eux et ce lointain contexte. Nous avons changé et le regard à posteriori révèle les questionnements et réinterprétations par ce que nous sommes aujourd'hui sur ce que nous étions autrefois. Régulièrement, je me disais que c'était trop bête de perdre ce temps précieux avec le passé révolu, qu'il y avait tant à dire de bien plus intéressant et beau dans nos vies présentes. Seulement, engluée dans cette stratégie, le temps me manquait.

En juillet, elle était là avec toute sa famille. Lors d'une soirée complète à préparer le repas et manger en familles mélangées, j'exposai mon idée sur la mise en relation via le passé et ce soir- là, nous fûmes mieux ancrées dans le présent de nos vies par les enfants, le déroulement du repas partagé, les attitudes et gestes de chacun car nous avions le temps. Cela nous fit le plus grand bien. Au gré des autres rencontres, les échanges variaient au hasard, surtout quand nous étions seules. Entre deux, les sujets abordés continuaient leur chemin dans ma caboche et je réalisai que mon amie avait besoin de beaucoup d'empathie, que j'étais maladroite avec elle, que je n'arrivais pas à lui donner la place et l'attention nécessaires. Je fus particulièrement interloquée quand elle me fit la remarque que je parlais beaucoup de SeN et de sa famille qu'elle connaî- ssai-t aussi. Je n'avais pas cette impression, « C'est elle qui l'entend amplifié» pensai- je sur le coup, contrariée puis, je laissai la remarque suivre son chemin. Comme leur départ approchait, je lui dis combien je la sentais nerveuse, confuse, que j'en étais désolée d'autant que je n'arrivais pas à lui donner l'empathie dont elle avait besoin et encore moins de quoi l'aider à y voir clair, étant apparemment moi- même encombrée d'un truc mal défini. Ce disant, je réalisai alors que j'avais cru ce truc passé, relégué parce que j'en avais sous- estimé l'onde: je reste très choquée de ce qu'il s'est passé avec SeN, sa famille et ces soit- disant amis pendant et après les heures sombres de la maladie.

Au quotidien, je ne pense ni à eux, ni aux événements, je suis réellement satisfaite d'avoir quitté ces schémas et relations toxiques, mortifères, sans issue, je me sens en adéquation avec ce que je suis, aime dans une vie à portes ouvertes et libre, entourée de personnes avec qui je partage de bons moments, authentiques et sincères; je suis véritablement passée à une autre dimension. D'ailleurs, je ne croise plus ces anciennes connaissances alors que je sais que nous utilisons des espaces communs, qu'ils passent régulièrement devant chez moi; ma demande à l'univers de ne plus les mettre sur mon chemin a été entendue et se réalise depuis des mois. Elles ne ressurgissent que lorsque des circonstances m'y ramènent: passer près de chez eux, en entendre parler, retrouver des connaissances communes, pour les plus fréquents. Ainsi, la présence de mon amie est un déclencheur, malgré elle, malgré moi provoquant et alimentant, en plus, ma stratégie de mise en relation. Grâce à elle, j'ai pu mesurer l'onde du choc et je lui en suis reconnaissance ( MERCI à toi qui te reconnaîtra), j'ai senti que j'avais à prendre soin de ces émotions et sentiments absolument, que j'avais une profonde envie d'en finir avec ce traumatisme*, de vivre ma relation à elle pour ce qu'elle est maintenant et non plus par le biais d'un passé révolu. Pourtant, il m'a fallu des semaines, des mois, d'autres événements pour arriver à mettre des mots, avancer vers une potentielle résolution car à la suite de ces péripéties, en survinrent d'autres, tout aussi agitées et bouleversantes.

Et oui, encore: à suivre.

 

* Rien que d'écrire et relire ce mot me coûte C'est dire combien j'ai besoin de regarder en face ce que je vis à l'intérieur à savoir prendre et accepter la mesure du choc, soigner ce que j'ai au plus profond sans passer par eux, sidérée que je suis d'avoir vécu ces événements avec eux, en particulier. J'en reparlerai plus tard car c'est une sacrée aventure, croyez- moi.

commentaires

A Propos D'ici

  • : Chez fée des agrumes
  • Chez  fée des agrumes
  • : Partager créations, expériences et réflexions.
  • Contact

Au passage(r)

Pour une  première visite au sujet de la maladie de Devic, je vous invite à commencer par les plus anciens articles de cette catégorie, ce sera plus facile.

Rechercher

Livre d'or

A vous qui passez, accidentellement, ponctuellement, habituellement, je dédie cet espace.

Courageux lecteurs que j’admire parce que mes textes n’ont rien de consommable laissez ici,  si l’envie vous en prend, une trace de vous, plus que bienvenue, jalon sur la toile des possibles de nos vies entrecroisées ou parallèles.

Livre d’or en pont entre nous (Cliquez sur l’image)

pont

 

 

 

Pour me contacter, témoigner

feedesagrumesarobaseaol.com

Forum ouvert à tous consacré entièrement à la maladie de Devic:  http://vivre-avec-devic.exprimetoi.net

A créer des liens, nous sommes moins seuls dans cette maladie rare.

En musique si vous le voulez

Anti spoliation

J'ai déposé mes textes, images -oeuvres quelque part par là pour ne pas être volée de ma moelle créative ( et c'est de circonstance mince alors)